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Pépi +

Une application métier pour trois profils aux besoins radicalement différents. Le vrai défi n'était pas technique : c'était de rendre une logique complexe invisible pour ceux qui n'ont pas à la comprendre.

Année
2025 – 2026
Type
Application web
Contexte
PPE BTS SIO SLAM
Statut
Livré
GitHub
Pépi+ — tableau de bord administrateur

Le contexte

La genèse d'une posture de designer

Pépi+ est né dans le cadre de mon PPE de BTS SIO SLAM. L'objectif était de concevoir et développer intégralement, sur une période de quatre mois, une application web de gestion de stock pour une pépinière, de la modélisation de la base de données jusqu'à la livraison finale.

Le contexte métier était dicté par des contraintes réglementaires fortes : la société cultivant et revendant des plants à différents stades de croissance, chaque produit devait répondre à des obligations strictes de traçabilité sanitaire, de sa pépinière d'origine jusqu'à la commande finale.

Je raconte ce projet sous l'angle du design, pas du code. À l'époque, mon réflexe était technique je pensais architecture de données avant de penser usage. Pépi+ est le projet qui m'a forcé à changer d'ordre.

La problématique

Aligner l'interface sur le modèle mental de l'utilisateur

Le cœur du problème résidait dans la dualité de l'inventaire. La pépinière gérait deux flux asynchrones : un stock réel (les plants cultivés physiquement sur place) et un stock virtuel (les plants disponibles chez des fournisseurs partenaires). Si, pour la base de données, il s'agissait de deux entités distinctes régies par des règles business différentes, pour le collaborateur sur le terrain face à un client, la réalité était unique : le produit est-il disponible ou non ?

Réduire ce fossé cognitif entre la complexité de l'architecture technique et le modèle mental de l'utilisateur a été le fil conducteur de ma démarche.

De plus, l'outil devait s'adresser à trois profils aux exigences orthogonales : un administrateur garant du système, un collaborateur soumis à une forte pression opérationnelle, et un partenaire externe exigeant de la confidentialité. Choisir la solution de facilité une interface unique simplement bridée par des droits d'accès aurait été une erreur d'UX. J'ai pris un chemin différent.

User Research & Segmentation

Les droits d'accès ne font pas une expérience

Le cahier des charges précisait que le personnel de la pépinière n'a aucune compétence informatique. Cette phrase a changé mon approche. Un utilisateur qui peut abandonner l'outil à la première friction, ce n'est pas un problème de formation. C'est un problème de conception.

J'ai donc décidé de traiter chaque profil comme un produit à part entière trois contextes d'usage distincts, trois expériences pensées séparément.

L'administrateur est le seul à avoir une vision complète du système. C'est lui qui crée les comptes utilisateurs, enregistre les entreprises partenaires et les associe à leurs accès. C'est lui qui définit qui peut faire quoi, attribue les rôles et gère les mots de passe en cas de problème. Son interface devait lui permettre de piloter tout ça sans effort : voir l'état du stock, les commandes en cours, les partenaires actifs et agir en quelques clics quand quelque chose déraille.

Le collaborateur, lui, travaille dans l'urgence du service commercial. Quand un client attend une réponse sur la disponibilité d'un plant, il n'a pas le temps de se demander si ce stock vient de la pépinière ou d'un fournisseur partenaire. Chaque étape en trop est une source d'erreur. Son interface devait être réduite à l'essentiel : trouver vite, réserver sans friction, être confirmé immédiatement.

Le partenaire fournisseur a une relation encore différente à l'outil. Il n'est pas employé de Pépi+. Son compte est créé par l'administrateur, son périmètre est défini à l'avance. S'il perçoit qu'il partage un système avec d'autres acteurs, la confiance s'effrite. Son espace devait fonctionner comme un outil dédié, centré uniquement sur son stock et les réservations passées dessus sans aucune donnée tierce visible.

L'Architecture de l'Information

Quand l'UX dicte la structure technique

Modéliser la base de données a été mon premier acte de design. En structurant les critères de traçabilité sanitaire (origine, saison de production) dès la racine de la base, j'ai permis à l'interface de restituer ces informations de manière transparente, sans effort de sur-interprétation pour l'utilisateur.

La décision la plus structurante est venue ensuite : comment afficher les deux types de stocks ? La logique de développeur aurait dicté deux onglets séparés (Stock Réel / Stock Virtuel). La démarche UX a privilégié une vue consolidée. Un tableau unique agrège l'ensemble des données, reléguant la distinction technique au rang d'attribut contextuel (origine et saison indiquées sur chaque ligne).

Ce choix m'a appris un principe fondamental du design : masquer la complexité technique à l'utilisateur pour fluidifier sa navigation.

Vue consolidée du stock global
01 Vue stock consolidée stock réel et stock virtuel réunis, l'origine et la saison indiquées sur chaque ligne pour répondre aux exigences de traçabilité.

Interaction Design

Absorber la complexité pour libérer l'utilisateur

Derrière un simple clic de réservation se cache un écosystème d'actions complexes : décrémentation automatisée du bon stock (réel ou virtuel), enregistrement des invariants de traçabilité et déclenchement de workflows d'emails vers les partenaires.

J'avais une règle simple : la complexité appartient au système, pas à l'utilisateur. Le formulaire de commande ne demande que ce que le collaborateur sait vraiment quel plant, quelle quantité, quel client. Décrémentation des stocks, traçabilité, notifications partenaires : tout ça se passe en arrière-plan, sans que personne n'ait à y penser.

Gestion des commandes
02 Commandes statuts Réservation, Validé, Livré et Annulé. La traçabilité sanitaire complète est assurée en arrière-plan, sans alourdir l'interface.

Design System & Interfaces

Trois rôles, trois écosystèmes

Pépi+ ne se découpe pas en niveaux d'habilitation, mais en trois produits distincts, chacun calibré pour son propre contexte d'usage.

Rétrospective & Apprentissages

Ce que ce projet m'a appris

Sur Pépi+, j'ai arrêté de penser en développeur. Pas parce que quelqu'un me l'a demandé mais parce que j'ai vu ce que ça donnait de ne pas le faire : un outil techniquement correct, inutilisable en pratique.

La vue stock consolidée, le formulaire réduit à trois champs ces choix ne viennent pas d'un cours d'UX. Ils viennent d'une question posée à chaque écran : qu'est-ce que cette personne doit faire, là, maintenant ? Tout le reste était du bruit.

C'est sur ce projet que j'ai compris que le design m'intéressait plus que le code.

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